Charlemagne

Charlemagne devient le symbole de la construction européenne à partir la fin de la Seconde Guerre Mondiale en 1945. L’utilisation de la figure de Charlemagne ne date cependant pas d’aujourd’hui. La recherche de grands ancêtres et de filiations à travers les générations dans une volonté d’auréoler les actions de certains personnages-clés sont le fait de […]

Charlemagne devient le symbole de la construction européenne à partir la fin de la Seconde Guerre Mondiale en 1945. L’utilisation de la figure de Charlemagne ne date cependant pas d’aujourd’hui. La recherche de grands ancêtres et de filiations à travers les générations dans une volonté d’auréoler les actions de certains personnages-clés sont le fait de manœuvre politiques comme avec les Capétiens, Napoléon ou encore Hitler. Aujourd’hui, les militants intellectuels et acteurs politiques qui veulent unifier l’Europe reprennent ce processus, car il permet de répondre aux incertitudes de la légitimité historique et du processus d’intégration du continent.

Comment se présente Charlemagne aujourd’hui ?

Charlemagne se présente aujourd’hui comme un symbole de la modernité politique et de la renaissance de l’ordre romain, mise en avant pour son côté législateur (en référence à ses capitulaires et son système législatif unifié), son côté organisateur et administrateur avec ses envoyés : les missi dominici. Ce qui est aussi mis en avant est une forme de pouvoir combinant centralisme et décentralisation. La référence à l’empire de Charlemagne est présentée comme une forme de gouvernement traditionnellement bien adaptée pour réunir différents peuples et nations au sein d’un même système politique.

On retrouve en Charlemagne aujourd’hui l’idée d’unité. Son empire était le 1er exemple d’unité politique, religieuse, économique et culturelle du continent. On retrouve une incarnation du principe d’unité dans la diversité, en rassemblant les peuples et les cultures différentes. Les discours s’accordent à désigner Charlemagne comme le premier réalisateur de l’unité européenne. L’empire carolingien est alors perçu comme préfiguration de la Communauté Économique Européenne (CEE). Cette thèse est facilitée par la correspondance géographique entre le royaume franc et l’Europe des Six. On retrouve toujours cette idée d’unité mise en rapport avec politique pacificatrice où Charles a défendu l’empire contre les barbares et ennemis intérieurs. Charlemagne est considéré comme père de l’unité européenne car il y a l’idée que les Carolingiens auraient perpétué l’œuvre de César. Pour Adenauer, l’unification d’une partie de l’Europe dans le cadre de la Communauté du Charbon et de l’Acier permet ainsi d’effectuer un retour à des temps bénis de Charlemagne. Toujours sous les paroles de l’ancien chancelier allemand, l’empire carolingien symbolisait l’époque où l’Europe était encore unie et disposait encore d’un pouvoir spirituel et politique constructif[i].

Aujourd’hui, Charlemagne est surtout connu à travers les populations pour avoir inventé l’école. Une chanson a d’ailleurs été consacrée pour Charlemagne concernant la création de l’école, intitulé Sacré Charlemagne de France Gall, en 1964.

Présentation historique qui rend compte des emprunts et transformations successives de Charlemagne

Plusieurs facteurs font de Charles le Grand (du latin Carolus Magnus) dit Charlemagne, un symbole de ralliement aux partisans de l’unification franco-allemande et celle du vieux continent.

Angilbert, poète de la cour et gendre de Charlemagne, désignait déjà en 799 son oncle comme le premier Rex Pater Europae, avant de devenir en 800 l’imperium christianorum et l’imperium romanorum c’est à dire deux sources majeures de l’identité culturelle de l’Europe.

La cour de Charlemagne proposait déjà une forme de culture européenne avec des clercs venant de divers horizons de l’Europe : français, irlandais, italiens ou anglo-saxons.

L’héritage inventé des Capétiens

La mémoire de Charlemagne faisait l’objet d’une instrumentalisation déjà sous les Capétiens. Pour légitimer son héritage et répondre à la prophétie de saint Valery, les Capétiens utilisèrent l’image de Charlemagne. La prophétie de saint Valery aurait promis à Hugues le Grand que son fils Hugues Capet et ses descendants régneront jusqu’à la septième génération. Lorsque la 7ème génération arriva, il fallait trouver une nouvelle légitimité. Charlemagne s’impose comme un modèle et une base de légitimité. On parle alors d’un retour du Reditus Regni ad stirpem Karoli.

Le moine Primat à Saint-Denis compose pour saint Louis et son fils Philippe III un Roman aux rois qui est un récit en langue romane où il développe une périodisation en « trois races » et dont il rattache habillement la troisième (capétienne) aux deux premières, fondateurs de la monarchie franque, Clovis et Charlemagne. Le chanoine Gilles de Paris composa pour le futur Louis VIII un poème moral : Carolinus, qui propose à celui qui est roi de France le modèle par excellence des vertus royales : Charlemagne. Le Carolinus est un long plaidoyer pour la prérogative du roi de France à l’égard de l’Eglise. Il propose Charles comme modèle de vie.

Charlemagne va demeurer le modèle du roi chrétien jusqu’à ce que saint Louis prenne en bonne partie sa place.

Le modèle de Charlemagne par Napoléon Bonaparte

Huile sur toile de Jean-Auguste-Dominique Ingres, 1806, 263×163, situé au musée de l’Armée à Paris. En plus de la couronne de laurier et la pourpre qui rappelle l’empereur romain. On a également un sceptre avec au sommet une statuette de Charlemagne, la main de Justice ainsi que l’épée inspirée de Joyeuse, épée légendaire de Charlemagne.

Á la veille de la proclamation de l’Empire, Napoléon pense tirer des bénéfices en raccordant son nouveau régime politique à celui carolingien. Napoléon avait une sensibilité plus grande pour l’histoire romaine que celle nationale. Charlemagne représentait une inspiration car l’empire carolingien n’est pas lié à la monarchie aux yeux des Français.

À peine couronné empereur des Français par le pape, Napoléon Bonaparte dévoile sa véritable ambition, le titre d’empereur d’Occident à la tête du Grand Empire. Le 7 septembre, à Aix-la-Chapelle, il s’est recueilli devant le tombeau de Charlemagne et a ordonné une procession solennelle avec tous les symboles impériaux (couronne, épée, main de justice, globe, éperons d’or). Le sacre de Napoléon se tient à Paris, non pas à Reims, comme de tradition pour les rois de France. Pendant la cérémonie du sacre, le 2 décembre 1804, en la cathédrale de Notre-Dame de Paris, Napoléon lança au pape Pie VII : « Je n’ai pas succédé à Louis XVI, mais à Charlemagne »[ii].

Son rêve de Grand Empire va dresser contre la France toute l’Europe coalisée. En refusant de suivre les conseils de Talleyrand, ministre des Relations extérieures et défenseur de l’équilibre européen, l’empereur sera vaincu et contraint à l’abdication et l’exil.

Comme le dit l’historien Jean Favier, « la France nouvelle a secoué le joug des rois, pas celui des empereurs »[iii]. Napoléon s’inscrit délibérément dans la lignée de Charlemagne.

La déconstruction de l’image de Charlemagne par Michelet

La destruction de l’Irminsul par Charlemagne par Heinrich Leutemann, 1882.

Charlemagne est une source d’inspiration pour les poètes mais pas pour l’historien Jules Michelet (1798-1874) qui cherche à déconstruire son image. Pour Michelet, le peuple franc était sur le déclin à cause de son manque d’ambition et d’intelligence. Pour lui, la réussite de Charlemagne s’est faite facilement car ses adversaires étaient encore moins talentueux que lui. Michelet considère qu’il semait la destruction sur son passage et que l’empereur pouvait être tenu responsables de la destruction de nations entières. Il revient également à l’épisode de la destruction de l’Irminsul par Charlemagne et les Francs. Michelet accuse Charlemagne et les Francs d’avoir oublié leur origine germanique car sinon ils auraient respecté ce lieu.

Pour lui, Charlemagne était entouré de cruels conseillers étrangers « sans générosité et sans intelligence du génie barbare »[iv]. La cour d’Aix-la-Chapelle est pour lui un rassemblement d’incapables, une législation du roi qui reflète son incapacité notamment en pointant du doigt le grand nombre de capitulaires édictées par Charlemagne. Michelet considère la renaissance carolingienne comme un mouvement passager, un accident, qui n’a suscité qu’une littérature « pédantesque et vide ». Il constate que « Pendant que Charlemagne disserte sur la théologie, rêve d’Empire romain et étudie la grammaire, domination des Francs croule tout doucement »[v]. L’Empire va lui-même se disloquer par la suite.

Le modèle de Charlemagne : une nouvelle inspiration d’Hitler

Cette carte postale, éditée à Paris sous l’Occupation, célébrait avec l’Allemagne nazie le 1200e anniversaire de Charlemagne.

Le docteur Otto Dietrich, ancien proche d’Hitler, témoigne de la considération qu’avait le führer envers Charlemagne, le considérant comme l’un des plus grands hommes de l’histoire d’Allemagne. Hitler voyait d’abord en lui l’unificateur des Allemands et le créateur de l’Empire. Il approuvait son « but national suprême » en ayant introduit la religion chrétienne dans les pays germaniques mais aussi pour avoir agi avec une rigueur impitoyable contre tous ceux qui ne voulaient pas coopérer à l’unification sous l’égide du christianisme[vi]. Cette inspiration pour l’empereur se retrouve parmi la création d’Hitler de la division SS Charlemagne (Waffen-Grenadier-Division der SS Charlemagne). Cette phalange regroupait en 1944, 7000 Français qui s’étaient portés volontaire pour se battre en Russie et dont la majorité mourut en Poméranie.

La mise en valeur de la figure de Charlemagne après la Seconde Guerre Mondiale.

Charlemagne devient le symbole d’une nouvelle Europe née de l’après-guerre.

L’utilisation de Charlemagne permet d’établir l’existence d’une première manifestation de l’identité européenne. La construction du sentiment national est passée par ce travail de manipulation des références et symboles historiques pour l’affirmation d’un patriotisme et mémoire commune, l’Europe reprend les mêmes procédés.

Logo représentatif du prix international Charlemagne.

Depuis 1949, existe le prix international Charlemagne pour récompenser une personnalité dont son œuvre a contribué à l’unité de l’Europe. C’est un prix que reçurent également plusieurs pères de l’Europe comme Jean Monnet (1953), Konrad Adenauer (1954) ou Robert Schuman en 1958.

En 1951, le fondateur du mouvement Paneuropa : Richard de Coudenhove-Kelergi avait proposé en 1951 au général De Gaulle, un appel à la restauration de l’empire carolingien dans l’esprit du XXe siècle et qui aurait été lancé à partir d’Aix-la-Chapelle. L’idée aurait plu au général mais pas forcément à ses conseillers[vii]. Cela aurait servis dans ce cas à légitimer la coopération politique et militaire entre anciens ennemis.

Un processus de patrimonialisation européen pour la promotion de l’Europe

Le nom de Charlemagne a également été attribué à un des bâtiments qui abrite à Bruxelles la Commission européenne, construit en 1967 par l’architecte belge Jacques Cuisinier. L’Europe se reconnaît dans l’aventure carolingienne.

En 1986, le Parlement européen a voté une motion pour accorder des crédits pour la rénovation de la cathédrale d’Aix-la-Chapelle sous prétexte de l’importance symbolique du monument qui abrite la tombe de Charlemagne.

On voit une volonté d’appropriation de l’histoire passée pour nourrir l’aventure politique actuelle et future à travers l’exposition organisée en 1997 par le Conseil de l’Europe « Les Francs, précurseurs de l’Europe ».

Plusieurs villes en Europe ont déjà célébré Charlemagne, c’est le cas de Autun en 1999 dans une exposition intitulée « Charlemagne ou l’éveil de l’Europe ». Á Paderborn la même année, une exposition propose de porter un regard sur l’année 799 au moment où Charlemagne rencontre le pape Léon III. D’autres villes comme Brescia, Split ou Barcelone ont participé au cycle européen d’expositions sur le thème de « Charlemagne, fondateur de l’Europe ».

L’an 2000 est l’occasion de célébrer le douzième centenaire du couronnement impérial de Charlemagne dans toute l’Europe. Une exposition nommée « Charlemagne et l’Europe » est consacrée à Aix-la-Chapelle du 8 septembre au 8 octobre 2000. Pour finaliser les festivités, 1200 bougies ont été allumées dans la cour de la cathédrale entre le 24 et 26 décembre pour former le célèbre monogramme de l’empereur.

Dans la construction de la valeur patrimoniale européen de la figure de Charlemagne, nous avons la création d’une réplique du fameux trône de marbre en position inclinée par Stefan Wewerka. L’américain Herbk Grika réalise quant à lui en 1995 une composition intitulée Charlemagne : Charmed Man. Les 2 œuvres ont été exposés pour l’anniversaire du couronnement impérial à Aix en 2000.

Le point commun de la monnaie unique

L’Europe et plus particulièrement l’Union Européenne trouve une source d’inspiration dans l’empire de Charlemagne, notamment avec l’instauration de mesures et d’une monnaie unique.

Denier en argent sous Charlemagne distribué dans tout l’empire carolingien.

Pièce de 1 euro commune à tous les membres de la zone euro.

L’empereur entreprit la création dès 779 d’un système d’uniformisation des mesures sur l’ensemble du royaume franc. Charlemagne considérait que les unités de mesures du VIIIe siècle n’avaient plus rien à voir avec celles de l’empire romain du Ve siècle car elles ont été déstabilisées après l’installation des peuples barbares. Charlemagne savait que le pouvoir était intimement lié aux échanges. Sous son empire, il va uniformiser les unités d’échanges notamment monétaires. Il consolida la monnaie sur son poids (environ 1.7 grammes d’argent).

Douze siècles plus tard, après l’instauration d’un marché commun, d’une union économique, le traité de Maastricht signé en 1992 a mis en place une union économique et monétaire (UEM). Cette étape permet la création d’une monnaie unique : l’euro en 1999. Elle devient la monnaie officielle de onze États européens (France, Luxembourg, Allemagne, Autriche, Pays-Bas, Italie, Espagne, Portugal, Finlande, Italie, Irlande) mais elle reste une monnaie virtuelle avant qu’elle soit réellement introduite le 1er janvier 2002 pour remplacer les monnaies nationales.

La route Charlemagne

Proposition d’un itinéraire pour la route Charlemagne par le Mouvement Européen Marne.

Le Mouvement Européen Marne[viii] a décidé dans le cadre de l’obtention du label Itinéraire culturel du Conseil de l’Europe (ICCE) de retracé un itinéraire qui retrace l’épopée de Charlemagne. La Route Charlemagne va de l’Espagne, en traversant la France et la Belgique pour finir à Aix-la-Chapelle en Allemagne. Ce projet avait pour but de promouvoir des racines communes à l’Europe en marchant sur les pas de Charlemagne, considéré comme un des pères de l’Europe. Grâce à cet itinéraire, on cherche aussi à favoriser le tourisme culturel et pédagogique, favoriser une communication interculturelle entre les pays, faire connaître ou reconnaître l’histoire de Charlemagne à travers des monuments, des lieux et des histoires et obtenir de la part du Conseil de l’Europe cet itinéraire culturel européen.

Une remise en question de la figure de Charlemagne

Toutefois, on se pose aujourd’hui des questions sur la figure de Charlemagne. En effet, Charlemagne n’est plus aussi fédérateur qu’il a pu l’être par le passé. Déjà en 2003, un sondage fût établi par l’UNESCO afin de demander aux Européens de citer une figure qui incarnait l’Europe. Les résultats montrent que 44% étaient incapables de proposer une personne sans avoir une liste. En tout, Charlemagne est très peu cité et ceux qui le font sont uniquement Français et Allemands. Nous pouvons penser qu’il y a eu une forme de discrédit pour les Européens de Charlemagne car cela rappelé la division SS.

Autre problème, le personnage n’est pas connu de tous les européens. Le personnage de Charlemagne est surtout familier à l’ancienne Europe des Six (Allemagne, France, Belgique, P-B, Italie, Luxembourg) qui recouvrait auparavant l’empire carolingien. Maintenant que l’Europe s’ouvre vers l’est, que peut encore représenter Charlemagne pour l’Europe d’aujourd’hui ? La figure de Charlemagne n’est plus suffisamment rassembleuse. Dans nos sociétés postmodernes, la référence historique ne peut être que démocratique et l’objet d’un consensus, ce qui limite une vision lointaine du passé.

John-Christopher Martin

Bibliographie

-BATHIAS-RASCALOU Céline, sous la direction d’AUGER Antoine, CASALI Dimitri, Charlemagne et l’Europe, Vuibert, Paris, 2004.

-DIETRICH Otton, Hitler démasqué, Grasset, 1955.

-FAVIER Jean, Charlemagne, Tallandier, Paris, 2013.

-LENTZ Thierry, Nouvelle histoire du Premier Empire : Napoléon et la conquête de l’Europe 1804-1810, tome I, Fayard, Paris, 2002.

-LEONARD-ROQUES Véronique, Figures mythiques : Fabrique et métamorphoses, Presses universitaires Blaise Pascal, Clermont-Ferrand, 2008, p278.

-MICHELET Jules, Histoire de France, volume II, Louis Hauman et comp, 1834, p40.

-MUSSOT-GOULARD Renée, Charlemagne, Presses universitaires de France, Paris, 1984.

-REGENBOGEN Lucian, Napoléon a dit : Aphorismes, Citations et Opinion, Les Belles Lettres, Paris, 1996.

Documents électroniques

-LARAT Fabrice, « L’Europe a la recherche d’une figure tutélaire. L’instrumentalisation de la symbolique carolingienne comme tentative de fondation d’un projet politique », Politique européenne 2006/1 (n° 18), p. 49-67. https://www.cairn.info/revue-politique-europeenne-2006-1-page-49.htm

[i] Discours de Konrad Adenauer à l’occasion de la réception du prix Charlemagne en 1954, cité dans Fabrice LARAT, « L’Europe à la recherche d’une figure tutélaire. L’instrumentalisation de la symbolique carolingienne comme tentative de fondation d’un projet politique », Politique européenne 2006/1 (n°18), p 49-67 https://www.cairn.info/revue-politique-europeenne-2006-1-page-49.htm

[ii] Lucian REGENBOGEN, Napoléon a dit : Aphorismes, Citations et Opinions, Les Belles Lettres, Paris, 1996.

[iii] Jean FAVIER, Charlemagne, Tallandier, Lonrai, 2013, p689.

[iv] Jules MICHELET, Histoire de France, volume II, Louis Hauman et comp, 1834, p40.

[v] Véronique LEONARD-ROQUES, Figures mythiques : Fabrique et métamorphoses, Presses universitaires Blaise Pascal, Clermont-Ferrand, 2008, p278.

[vi] Otton DIETRICH, Hitler démasqué, Grasset, 1955.

[vii] Richard KOUDENHOVE, Eine Idee erobert Europa Meine Lebenserinnerungen, Verlag K.Desch, Vienne, 1958.

[viii] Site internet du Mouvement Européen Marne http://me51.eu/accueil.html

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